This article is from the Lebanon FAQ, by Alaa Dakroub dakroub@leb.net with numerous contributions by others.
"Leon l'africain" has also been translated. The English title is
Leo Africanus.
[Begin French]
Le dernier roman d'Amin Maalouf s'intitule "Le rocher de Tanios". Ce dernier
roman a pris le pris de Gouncourt 1993 [le prix le plus important en France]
voici ce que dit le journal francais Le figaro dans son numero de 9 Nov 1993:
[debut le figaro]
Le FIGARO 9 Nov 1993
[Titre]: "Le Rocher de Tanios": contre tous le fanatismes
Par Laurence Vidal
Il n'a eu quelques jours pour devenir nerveux. Amin Maaalouf, il y a
une semaine encore, n'osait sans doute pas esperer le Goncourt. Depuis fin
aout, deja, tout le monde jurait un autre, Marc Lambron, favori des Academiens.
Ceux-ci ne dementaient pas. Il a fallu le coup d'eclat des dames du Femina qui,
devancant les Dix de trois jours, leur ont rafle leur candidat, pour la place,
devenue libre, commence a susciter de nouveaux espoirs. Dans la redistribution
des cartes, Amin Maalouf semblait le mieux dote. C'est chose faite. Le Rocher
de Tanios (1), Goncourt 1993: un prix merite. Un choix heureux, quels qu'aient
ete les aleas coups de theatre et jeux de massacres quil'ont precede.
Heureux, d'abord, parce que le romain, cette legende revisitee des
annees 1830 au mont Liban, a quoi charmer le public large sans demeriter pour
autant aux yeux du lecteur difficile(2). Heureux, ensuite parce qu'est
recompense un auteur, un ecrivain, qui, depuis dix ans, eleve inlassablement
le double de conteuret de foi d'humaniste andide.
Descendant d'une famille qui, depuis le XVIIIe siecle a donne au Liban
une vigntaine d'ecrivains, Amin est fils de Ruchdi Maalouf, journaliste et
ecrivain lui-meme, enseignant, peintre, poete et grande figure du Beyrouth des
annees 40 a 80. Dans le sillage de ce pere aime et respecte qui "revait d'une
democratie ideale et a beaucoup souffert de l'echec d'une republique
fraternelle", Amin Maalouf aprend tres tot le sens du mot "paix". Ce chretien
du Liban eleve par les jesuites a ete facone par la double culture, arabe et
francaise, par le gout des lettres et l'esprit e tolerance.
Diplome de sociologie et d;economie politique, Amin Maalouf, tres tot,
reprend l'un des flambeux paternels et devient journaliste. Il est a Saigon a
la fin de la guerre du vietnam. On le retrouve dans l'avion qui ramene en Iran
l'ayatollah Khomeini. Quant a la premiere fusillade entre Palstieniens et
Phalangistes, qui fitplus de 20 morts et mis le feu aux poudres de Beyrouth,
elle eut lieu sous les fenetres de son appartement familail.
L'annee suivante Amin Maalouf s'installe a Paris. Et c'est en 1983 que
parait son premeir ouvrage: Les croisades vuespar les arabes(3). Une vie passee
a jeter un pont entre ses deux meres, l'Orient et l'Occident, vient de
comencer.
Car cet homme a vecu vignt-sept ans sur une terre dechiree par des conflits a
caracteres religieux, cet erudit souriant qui eclare parfois ecrire " parce que
j'ai besoin de reflechir sur ma vie, sur mon siecle", n'abandonnera jamais les
freres ennemis, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs.
C'est 1986, Leaon l'Africain (3), biographie tres romancee de Hassan
Al-Wazzan, alias Jean Leon de Medicis, ce musulman ne en Grecnade en 1488,
mort en Tunis vers 1555, et entre-temps baptise a Rome par le pape Leon X, dont
il fut le conseiller et l'ambassadeur. Portrait d'un homme qui resume en lui,
et reconcilie, toutes les contradictions, les dechirements et les affrontements
d'une epoque. Place ensuite a Omar Khayyam, poete, astronome et philosophe
persan. que l'on retrouve dans Samarcande (4). Une sceptique dans la lignee
d'Avicenne, un chantre du Carpe diem qui preferait les femmes et le vin au
fanatisme religieux. Puis toujours en quete de figures symboliques, Amin
Maalouf s'interesse a Mani.
C'est le jardin des lumieres (3) en 1991, ou se revele un prophete qui
n'a rien a d'un manicheen au sens ou on l'enetend aujourd'hui, mais qui
recommande, au contraire de nourir la lumiere qui se cache en chaque etre et
chaque chose; qui prone une foi reconciliee, melange de christianinsme, de
boudisme et de zoroastisme(les trois religions dominantes dans la perse des
Sassanides). Belle constate d'un ecrivain qui, dans le Premier Siecle apres
Beatrice (1), nous depins une humanite du XXIe siecle qi nous ressemble comme
une soeur, se dechire, et menace de se detruire.
Avec Le Rocher de Tanios, pour la premiere fois, Amin Maaalouf a rompu
la distance qu'il avit toujours maintenue vec ses livres. C'est le retour au
Liban, a Kfaryabda, village des ancetres, en un siecle ou deja les interets
etrangeres soufflent la tempete sous les branches du Cedre. La encore dans ce
roman ou plane " toute la subtile et trouble poesie du conte oriental"(2),
c'est le refus de se laisser entrainer dans l'enchainement des vengeances
qu'il illustre. Dans un monde qui "se bestialise", auand " les citoyens les
plus paisibles se transforment soudain en tueurs" parce qu'ils sentent leur
communaute menacee, c'est, encore toujours, la proffession d'une foi
inderacinable chez cet homme blesse a mort par tous les fanatismes: " Il n'est
qu'une valeur immuable: la liberte de la personne humaine".
Ainsi parle Amin Maalouf prophete dans le desert, prix Goncourt 1993.
(1) Grasset
(2) Figaro 17 Sep
(3) Latte`s
(4) Latte`s, 1988 Prix de maison de presse
[fin le figaro]
un autre roman c'est "Les jardins de lumiere".
Il raconte l'histoire de "Mani", un oriental qui a vecu au 3eme siecle,
et fonde une nouvelle religion, le "manicheisme".
Son principe de base etait le respect de toutes les religions
(Christianisme, Boudhisme, ... l'Islam n'existait pas encore).
Apres s'etre repandu un peu partout (de l'Inde jusqu'en Europe, en passant
par la Perse, le Moyen Orient, l'Egypte ...) cette religion a disparu vers le
12eme siecle a cause des nombreuses persecutions de la part des autres
religions (Christianisme, Islam ...). Bref, le roman est une sorte
de biographie imaginaire qui constitue neanmoins une vraie lecon de tolerance
et pose beaucoup de questions sur l'interet des religions ...
Personnellement, j'ai lu les trois romans d'A.M. : "Leon l'africain",
"Samarcande" et "Les jardins de lumiere". Tous les trois sont excellents
(a mon avis) mais j'ai eu une legere preference pour "Samarcande".
En realite, je pense que ce qui plait aux occidentaux dans les oeuvres de
Maalouf c'est son style de "conteur" (Haqawaati), auquel ils sont peu habitues
(parfois il va un peu trop loin dans l'invraisemblance des coincidences...)
[End French]
 
Continue to: